Iskenderun et son passé français
La ville d’Iskenderun située à une soixantaine de kilomètres au nord d’Antioche et installée dans la baie donnant sur la Méditerranée présente, à premier abord, un aspect peu aguichant.
En effet, le touriste qui passe sans s’arrêter retiendra en priorité les fumées qui se dégagent des entreprises pétrolières installées autour de la baie.
Pourtant, Iskenderun est riche d’un passé remontant à 333 av. J.-C. où elle fut fondée par Alexandre le Grand d’où son appellation d’origine Alexandrette, toujours utilisée par les nostalgiques de son histoire.
En 1918, les Anglais occupent la ville qui sera cédée l’année d’après à la France et incluse dans le mandat français sur la Syrie. Elle porte durant cette période le nom de « sandjak d’Alexandrette ».
Atatürk réclame et obtient sa réintégration dans le territoire de la Turquie en 1938.
De son passé français, Iskenderun a gardé un important cimetière où sont enterrés de nombreux militaires ayant appartenu aux 1ère et 4ème Divisions de l’Armée Française et décédés entre 1919 et 1921.
Dans le centre-ville subsistent quelques maisons, certaines restaurées, d’autres en état de délabrement avancé, dont beaucoup présentent une architecture rappelant qui la France, qui la Grèce.
Iskenderun possède aussi une richesse bien moins connue que sa prestigieuse voisine Antioche. En effet, un nombre impressionnant de communautés vivant en parfaite harmonie depuis des lustres et donnant à cette ville moyenne de Turquie une âme toute particulière.
Grecs orthodoxes, arméniens, syriaques catholiques, grecs catholiques, latins catholiques, alévis et bektaşis cohabitent depuis des dizaines d’années avec les musulmans d’Iskenderun et font preuve d’un respect et d’une fraternité pouvant servir d’exemple.
Lors des différentes fêtes religieuses de chaque communauté, les représentants des autres vont présenter leurs vœux, se retrouvent régulièrement ensemble tout au long de l’année.
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